Qu’est ce que la progestérone naturelle ?

Troubles du sommeil, maux de tête, sautes d’humeurs, hyperactivité, douleurs aux seins pendant les menstruations, syndrome prémenstruel, prise de poids, « rage de chocolat »… la déficience en progestérone provoque bien des symptômes incommodants chez la femme.

Elle peut être causée par un stress intense et chronique qui augmente la production du cortisol au détriment de la progestérone, par des maladies comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’anovulation, des niveaux d’hormone lutéinisante anormalement bas, l’hypothyroïdie ou encore un excès de prolactine. La carence en progestérone pourra être contrée par un traitement de substitution avec des hormones de synthèse ou par un apport naturel avec la consommation de certains aliments qui contiennent des précurseurs de la progestérone. Qu’est-ce que la progestérone naturelle ?

Ces aliments riches en progestérone naturelle

Lorsqu’elle n’est pas naturelle et bio-identique, la progestérone de synthèse peut causer des effets secondaires particulièrement incommodants. C’est pour cette raison que de nombreuses femmes préfèrent aujourd’hui se passer du traitement hormonal substitutif (THS) lorsque ce dernier n’est pas formellement prescrit par leur gynéco.

En réalité, les hormones de substitution ont cessé d’être systématiquement prisées par les femmes après deux études américaines (2002) qui ont jeté un pavé dans la marre : le THS non-maîtrisé augmenterait les risques de développer un cancer du sein, un cancer de l’utérus, une phlébite, une embolie… Ainsi, les sources qui contiennent naturellement des hormones connaissent aujourd’hui un certain engouement.

Les progestatifs naturels et bio-identiques sont quasi-exclusivement extraits de sources végétales. Certaines plantes contiennent en effet une progestérone relativement identique à celle que l’on retrouve chez la femme. Toutefois, si elle en imite les propriétés, cette progestérone végétale est beaucoup moins efficace que l’hormone produite par l’ovaire ou le placenta.

Les aliments riches en progestérone naturelle ne sont pas légion. Les œufs (notamment le jaune) sont considérés comme étant une source intéressante. Les produits laitiers (lait et fromage à base de lait de vache), certaines viandes blanches comme le poulet, la viande rouge et les crustacés peuvent également en contenir des quantités raisonnables. Notons que la viande (blanche ou rouge) n’est pas une source recommandée. La volaille et les bovins peuvent en effet être artificiellement imprégnés d’hormones.

Les plantes et la progestérone naturelle

La flore est la principale source de progestérone pour le monde médical. En réalité, les plantes contiennent un précurseur de la progestérone que l’on appelle la diosgénine. Cette molécule affiche une structure moléculaire très proche de celle des hormones stéroïdes. C’est tout simplement le moyen le plus direct, le plus facile et le moins coûteux pour synthétiser une progestérone bio-identique qui servira à traitement la carence en progestérone chez la femme.

Les effets de la progestérone issue de la diosgénine végétale sont comparables à ceux de la progestérone produite par les ovaires avec bien sûr une efficacité moindre à cause d’une affinité moins intense aux différents récepteurs de l’hormone dans le corps. Une grande majorité des hormones bio-identiques que l’on retrouve aujourd’hui dans le commerce sont issus de précurseurs végétaux. C’est le cas pour la progestérone, mais aussi pour les estrogènes ou encore la DHEA.

L’igname sauvage du Mexique et le soya sont les plantes les plus utilisées dans les laboratoires pharmaceutiques. Cela étant dit, il faut faire la nuance suivante : l’écrasante majorité des hormones bio-identiques de synthèse nous vient du monde végétal. Toutefois, toutes les hormones issues des plantes ne sont pas systématiquement bio-identiques ! C’est notamment le cas de l’acétate médroxyprogestérone. Cette substance que l’on tire de l’igname sauvage ou du soya peut résulter d’une manipulation excessive en laboratoire. Elle n’est pas bio-identique à la progestérone ovarienne.

D’autres plantes ont été évoquées dans la littérature médicale. Une étude clinique menée par le chercheur Wilewicz en 1993 a conclu que le gattilier (ou Vitex) permettait une « amélioration remarquable des niveaux de progestérone pendant la phase lutéal ». D’un autre côté, une grande étude à l’université de Chicago s’intéresse depuis quelques années à mieux comprendre l’action de la progestérone végétale pour l’améliorer, notamment en traitement de la ménopause et des carences que l’on retrouve chez la jeune femme à l’occasion d’un syndrome prémenstruel (SPM) ou lors de la grossesse.

Les plantes considérées dans cette grande étude sont le houblon, le trèfle violet, le cornouiller et la patate douce. Les espoirs sont permis. « Les études sur la capacité des végétaux à modifier les signaux des récepteurs à la progestérone sont rares malgré l’impact que cela pourrait avoir sur la santé des femmes », déplore Brian Murphy. La progestérone et les plantes devraient continuer de susciter l’engouement des chercheurs à court et moyen terme dans un contexte où le traitement hormonal de substitution alimente encore la polémique sur ses effets secondaires et ses contre-indications.

Les bons réflexes pour booster son taux de progestérone

Comment augmenter son taux de progestérone naturellement ? Il faut dans un premier temps limiter voire éviter la consommation des aliments qui augmentent les niveaux d’oestrogènes dans le corps afin de ne pas accentuer le dérèglement hormonal. Il s’agit par exemple de l’actée à grappes, du houblon, de la lavande, de la réglisse, des feuilles d’agripaume, des fleurs de trèfle rouge, des baies du palmier nain et de l’huile du théier.

Pour augmenter le taux de progestérone, votre naturopathe vous recommandera le gattilier (ou vitex agnus), la racine du pissenlit, le Chardon-Marie ou encore la bardane.

L’autre réflexe consiste à augmenter ses apports en vitamine B6 qui favorise la décomposition de l’estrogène par le foie. On retrouve cette vitamine dans les noix, les grains entiers, la volaille, les crustacés, les bananes, la viande rouge maigre, les épinards, les pommes de terre et les haricots. La vitamine C joue également un rôle dans la production de la progestérone. Enfin, notons que le zinc (oligo-élément) et le magnésium (sel minéral) semblent contribuer activement à l’équilibre hormonal.